samedi 18 octobre 2008

Triste nouvelle...

Je viens d'apprendre par la presse chinoise, la disparition de Xie Jin à l'âge de 85 ans (1923-2008). Les raisons de son décès reste encore confuses. Après avoir été opéré pour la mise en place d'un pacemaker, Xie Jin est allé à une soirée (pour les 100 ans du collège où il fut étudiant à Shangyu, sa ville natale) avec des amis dans un hôtel-restaurant. Ils y ont passé toute la nuit et ont apparemment consommé de l'alcool. Le réalisateur s'est endormi, et ne s'est plus réveillé. Il a été retrouvé mort au petit matin. Ce cinéaste de la troisième génération (de 1949 à 1976), certainement le plus grand cinéaste de l'histoire de la cinématographie chinoise, décrypta dans ses films les phénomènes sociaux , sentimentaux de son époques tout en gardant d'excellentes relations avec l'appareil politique d'alors. Il fut d'ailleurs l'un des seuls réalisateurs à être autorisé à tourner pendant la révolution culturelle.

Xie Jin laisse derrière lui des films comme La Basketteuse No.5 (1957), Le détachement féminin rouge (1961), Le grand Li, le petit Li, le vieux Li (1962) Les soeurs de scène (1965), La légende de la montagne Tianyun (1980), The Herdsman (1982), Hibiscus Town (1986) et encore The Opium War (1997), qui sont autant de classiques du cinéma chinois. Il débuta sa carrière en 1948 comme assistant du cinéaste Wu Renzhi.

C'est une page du cinéma chinois qui se tourne définitivement, lui qui était encore l'un des grands représentants du cinéma de cette époque (avec Xie Tieli). J'avais fait le souhait de pouvoir m'entretenir avec lui lors de mon prochain passage à Pékin. Il repose désormais en paix avec les plus grands de son époque.
Pour mieux le connaître :
Lien vers la page du site Sina dédié à Xie Jin

Citation de Xie Jin en 1988 :

"Je crois profondément qu’un bon film est investi par la passion majeure du metteur en scène; il est la cristallisation des qualités morales et de l’accomplissement de l’artiste, il est aussi le brasier où se consume une vie. En ce qui me concerne, j’aspire, en toute innocence, à offrir de la beauté à mon pays, à mon peuple, à tous les hommes
."
Damien Paccellieri

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