Le Vieux Barbier (The Old Barber) de Hasichaolu, 2006Tourné avec des acteurs non profesionnels
"Oncle Jing" est un vieil homme de 93 ans, barbier depuis plus de 80 ans. Il vit seul et tranquille dans les vieux quartiers de Pékin, qu’il voit peu à peu disparaître. Malgré son âge, il enfourche chaque jour son tricycle et se rend chez ses anciens clients, les rase ou joue aux cartes, tout en échangeant les dernières nouvelles et des souvenirs communs. Rentré chez lui, il est obsédé par la vieille horloge qu'il possède depuis sa naissance mais qui retarde toujours de 5 minutes. Son principal espoir est que chacun, y compris lui même, sorte de ce monde comme il est y entré: propre et pur.
Il sait qu’il peut mourir à tout instant et s’y prépare paisiblement et dignement, sans vouloir déranger personne.
Ce film, où monsieur Jing joue son propre rôle, est une sorte de documentaire-fiction, qui nous fait ressentir la vie simple d’un passé récent, dans une ville qui se déshumanise et se modernise frénétiquement, en prévision des Jeux Olympiques.
Que peut-on dire de The Old Barber ? Qu'il faut le voir, simplement ? Oui, cela suffit pour comprendre que ce film chinois est l’un des meilleurs de ces deux dernières années. Parfaite alchimie entre la vie réelle d’un vieux barbier de 93 ans et sa mise en pellicule, The Old Barber témoigne des qualités actuelles du septième art chinois tout comme il pose les fondements d’une réflexion sur l’évanescence d’une génération et de ses traditions.
Pourtant, rien n’était joué d’avance, car le long métrage eut toutes les peines du monde à trouver des partenaires financiers, enfantant d’une situation entre autoproduction et participation de petits producteurs.
Hasichaolu, le réalisateur, fit preuve d’une inébranlable persévérance pour réussir à concrétiser son projet.
À la base de ce dernier, un vieil homme, qui depuis plus de 80 ans, taille la barbe et coupe les cheveux de ces messieurs, ses clients. Dans un Pékin traditionnel en voie de disparition, où certains hutongs ne sont plus que des souvenirs précieux, l’Oncle Jing, comme on l’appelle dans son quartier, porte les stigmates du temps et des souvenirs s’effaçant tout doucement de la mémoire collective.
Qui se souvient de ces petits métiers, de ces rites séculaires, si ce n’est ces personnes âgées progressivement cueillies par la grande fauche et oubliés de la jeune génération ?
The Old Barber est tout cela et bien plus : il scelle en un film une époque révolue qui laisse sa place aux nouvelles générations insouciantes de leurs passés. Toutefois cette oeuvre éveille un brin d’optimisme dans la grande solidarité des personnes âgées, habitant ces maisons aux briques grises si serrées les unes des autres que rien ne passe inaperçu — un mélange de bienveillance, de curiosité, et de communisme à la chinoise.
Le long métrage offre également ce regard indélébile que pose l’Oncle Jing sur sa condition, son environnement et la disparition de ses amis.
D’une approche épisodique et cyclique — à l’image de la vie, par ses évolutions et ses circonvolutions, ses temps d’inactivités et ses spasmes, ses précieux et futiles moments, Hasichaolu signe un film sans égal, munificent, essentiel à cette thématique si présente dans nos sociétés.
C’est la première fois que je me propose de faire aussi court pour un long métrage tant aimé, certainement parce que The Old Barber se suffit à lui-même, et n’a point besoin d’un piédestal pour le valoriser.
"Oncle Jing" est un vieil homme de 93 ans, barbier depuis plus de 80 ans. Il vit seul et tranquille dans les vieux quartiers de Pékin, qu’il voit peu à peu disparaître. Malgré son âge, il enfourche chaque jour son tricycle et se rend chez ses anciens clients, les rase ou joue aux cartes, tout en échangeant les dernières nouvelles et des souvenirs communs. Rentré chez lui, il est obsédé par la vieille horloge qu'il possède depuis sa naissance mais qui retarde toujours de 5 minutes. Son principal espoir est que chacun, y compris lui même, sorte de ce monde comme il est y entré: propre et pur.
Il sait qu’il peut mourir à tout instant et s’y prépare paisiblement et dignement, sans vouloir déranger personne.
Ce film, où monsieur Jing joue son propre rôle, est une sorte de documentaire-fiction, qui nous fait ressentir la vie simple d’un passé récent, dans une ville qui se déshumanise et se modernise frénétiquement, en prévision des Jeux Olympiques.
Que peut-on dire de The Old Barber ? Qu'il faut le voir, simplement ? Oui, cela suffit pour comprendre que ce film chinois est l’un des meilleurs de ces deux dernières années. Parfaite alchimie entre la vie réelle d’un vieux barbier de 93 ans et sa mise en pellicule, The Old Barber témoigne des qualités actuelles du septième art chinois tout comme il pose les fondements d’une réflexion sur l’évanescence d’une génération et de ses traditions.Pourtant, rien n’était joué d’avance, car le long métrage eut toutes les peines du monde à trouver des partenaires financiers, enfantant d’une situation entre autoproduction et participation de petits producteurs.
Hasichaolu, le réalisateur, fit preuve d’une inébranlable persévérance pour réussir à concrétiser son projet.
À la base de ce dernier, un vieil homme, qui depuis plus de 80 ans, taille la barbe et coupe les cheveux de ces messieurs, ses clients. Dans un Pékin traditionnel en voie de disparition, où certains hutongs ne sont plus que des souvenirs précieux, l’Oncle Jing, comme on l’appelle dans son quartier, porte les stigmates du temps et des souvenirs s’effaçant tout doucement de la mémoire collective.Qui se souvient de ces petits métiers, de ces rites séculaires, si ce n’est ces personnes âgées progressivement cueillies par la grande fauche et oubliés de la jeune génération ?
The Old Barber est tout cela et bien plus : il scelle en un film une époque révolue qui laisse sa place aux nouvelles générations insouciantes de leurs passés. Toutefois cette oeuvre éveille un brin d’optimisme dans la grande solidarité des personnes âgées, habitant ces maisons aux briques grises si serrées les unes des autres que rien ne passe inaperçu — un mélange de bienveillance, de curiosité, et de communisme à la chinoise.
Le long métrage offre également ce regard indélébile que pose l’Oncle Jing sur sa condition, son environnement et la disparition de ses amis.D’une approche épisodique et cyclique — à l’image de la vie, par ses évolutions et ses circonvolutions, ses temps d’inactivités et ses spasmes, ses précieux et futiles moments, Hasichaolu signe un film sans égal, munificent, essentiel à cette thématique si présente dans nos sociétés.
C’est la première fois que je me propose de faire aussi court pour un long métrage tant aimé, certainement parce que The Old Barber se suffit à lui-même, et n’a point besoin d’un piédestal pour le valoriser.
Damien Paccellieri








C'est effectivement l'un des meilleurs films chinois que j'ai vu (et j'en ai vu déjà pas mal). Il avait été projeté au musée Guimet début mars 2008.
RépondreSupprimerMon avis est celui d'un néophyte en cinéma, mais j'ai pensé, selon les scènes, à deux autres réalisateurs pendant ce film : Jacques Tati et Kim-ki-duk (sans les scènes violentes). Et aussi un peu à Charlie Chaplin. C'est bizarre que ce film m'ai fait penser à ces autres réalisateurs, ça m'arrive rarement.
P.S. : il y a un petiot doublon dans votre texte : "ces deux dernières dernières années."
C'est corrigé, je vous remercie de votre vigilance !
RépondreSupprimerPour ceux et celles qui ne l'auraient pas encore vus, sachez qu'il sera projeté en mi-novembre (le samedi 15) par l'INALCO... !
Une bonne occasion de découvrir ce petit trésor du cinéma chinois
De rien, et merci pour l'info de l'INALCO, il n'y a rien de marqué à ce propos sur leur site internet (ou en tout cas je n'ai rien trouvé). Je ne savais même pas que l'INALCO faisait des projections.
RépondreSupprimerSi je n'oublie pas, j'irais revoir ce film, je sens que c'est le genre de film qu'on redécouvre différemment à chaque visionnage, et avec plaisir.
Pour être plus complet sur cette information que je vais relayer plus tard dans un billet :
RépondreSupprimerProjection exceptionnelle des deux films chinois primés par l’INALCO au Festival des Cinémas d’Asie de Vesoul 2008
le 15 novembre 2008 de 14 heures jusqu’à 20 heures à l'Université PARIS-DAUPHINE amphithéâtre 8,
Métro Porte Dauphine Paris XVIe
Les Moissons Pourpres de Cai Shangjun, prix du jury INALCO -Séance à 14h-
Le Vieux Barbier de Hasishaolu, Coup de Cœur du jury INALCO et Cyclo d’or du festival -Séance à 16h30-
Les films seront suivis d’un débat en présence des spécialistes enseignants chercheurs : Marie Bizais, professeur de chinois à l’ENS Lyon - Sébastien Colin, professeur enseignant la géographie de la Chine à l’INALCO
- Agnès Gaudu, journaliste au Courrier International (sous réserve) - Damien Paccellieri, Chinacinéma.fr - Hélène Beguin, urbaniste