Voici une petite série d'articles de presse sur les problèmes récents de Tang Wei face à la censure. En effet, son rôle dans Lust Caution semble lui coûter cher.
Je vais revenir sur la censure chinoise au cinéma dans peu de temps...
Le Monde
L'actrice Tang Wei privée d'écran chinois (par Brice Pedroletti)
Dans une "circulaire" inte
rne qui fait froid dans le dos, la State Administration of Radio Film and Television, l'administration de tutelle du cinéma et de l'audiovisuel chinoise, a décrété l'arrêt sans appel de la carrière de Tang Wei, l'une des jeunes actrices chinoises les plus prometteuses. La révélation de Lust, Caution, le film du Taïwanais Ang Lee, Lion d'or à Venise en 2007 et sorti sur les écrans en Chine populaire en novembre 2007, "ne doit apparaître sur aucun programme de télévision, que ce soit d'information, de fiction, de documentaire, de divertissement, de publicité et de direct".
La note explique que les télévisions doivent cesser de diffuser la publicité pour une crème hydratante américaine dans laquelle apparaît Tang Wei et tenter de résilier le contrat. Destinée à l'ensemble des médias et diffuseurs, la circulaire, est-il précisé, "ne doit pas être disséminée en public" mais "transmise par téléphone", afin qu'elle ne prête pas à des "spéculations".
Sa mise en ligne sauvage a révélé au grand jour une pratique de la "liste noire" qui a cours depuis longtemps dans le cinéma chinois - mais qui touche rarement les comédiens.
Le réalisateur Lou Ye fut ainsi interdit de tournage pour cinq ans en 2006 en raison de son film Une jeunesse chinoise, présenté à Cannes sans autorisation.
Bizarrement, Lust, Caution fut en revanche autorisé en Chine, après avoir été amputé de sept minutes des scènes d'amour les plus explicites par le réalisateur. Tang Wei y joue le rôle d'une résistante dont la mission est de séduire un collaborateur du gouvernement d'occupation japonais à Shanghaï en 1942. Impliquée dans une relation intime et érotique avec sa proie, la jeune fille fera échouer au dernier moment l'assassinat.
Des Débats passionnés
Dans un mail à Associated Press, Ang Lee, qui vit aux Etats-Unis, a déclaré qu'il fera tout ce qu'il peut pour soutenir son actrice. "Elle a réalisé l'une des plus belles performances qui soient dans un film qui a été correctement produit et distribué", a-t-il dit. Cofinancé en Chine par le géant public China Film Group, Lust, Caution fut l'un des grands succès de l'année. Mais il provoqua aussi des débats passionnés, le public chinois étant peu préparé à l'ambiguïté des personnages et à une fin où le "traître" gagne la partie - au point de crisper les autorités en haut lieu et d'entraîner des sanctions sur d'autres films ou projets.
Publiée dans des journaux et sites d'information sur Internet, la nouvelle du bannissement de Tang Wei suscite des réactions variées sur les forums, qui ont toutefois reçu la consigne de nettoyer les commentaires liés à l'affaire. "La Chine est un Etat de droit. Quelle loi permet donc d'interdire une actrice ?", s'interroge un internaute. "Pourquoi le film n'a-t-il pas été interdit plus tôt ? réagit un autre. Pourquoi à ce compte-là, ne pas aussi interdire le réalisateur et Tony Leung", l'acteur hongkongais qui joue le collaborateur ? Ang Lee, qui fait partie des consultants artistiques de la cérémonie des Jeux olympiques de Pékin, n'est visiblement plus en odeur de sainteté.
Rue89
Tang Wei, une actrice chinoise punie pour un rôle de "traîtresse" (par Pierre Haski)
Tang Wei est une des jeunes actrices qui montent dans le cinéma chinois depuis son premier rôle fracassant dans "Lust Caution" d'Ang Lee, auréolé du Lion d'or à Venise l'an dernier. Mais elle vient d'être abattue en plein vol par les autorités chinoises justement pour avoir accepté ce rôle.
Le couperet est tombé à la faveur d'une pub anodine pour une crème de beauté, interdite de diffusion à la télévision, et retirée par la cyberpolice de tous les sites internet chinois qui l'avaient relayée (voir ici l'écran vidéo de Youku, un YouTube chinois, après le retrait la pub).
Dans "Lust Caution", Tang Wei joue le rôle d'une jeune Chinoise, membre d'un groupe de résistants amateurs à l'occupation japonaise de la Chine, qui reçoit pour mission de séduire un "collabo" des Japonais pour mieux l'assassiner. Mais à la dernière minute, elle cède à la passion et sauve le "traître".
Le film avait déjà subi un pr
emier assaut de la censure en raison des scènes de sexe trop nombreuses et trop explicites au goût des prudes apparatchiks du Parti. Puis la critique s'est déplacée sur le fond: la morale du film -l'amour plus fort que le patriotisme- était inacceptable et indéfendable.
D'autant que le réalisateur, Ang Lee ("Tigres et Dragons", "Brokeback Mountain") est Taiwanais, même s'il a tourné son film dans les studios d'Etat de Shanghaï, avec tous les soutiens et feux verts officiels nécessaires.
Résultat: Ang Lee a été blacklisté dans les médias chinois, qui n'ont même plus le droit de mentionner son nom. Tandis que Tang Wei vient de découvrir qu'elle en subit elle aussi les conséquences avec cette pub bannie, alors qu'elle avait été annoncée par la marque chinoise à grand renfort de publicité, y compris un article sur le site de Xinhua, l'agence officielle chinoise.
Cette affaire montre que malgré une tentative d'assouplissement ces dernières années, la censure cinématographique chinoise a encore de beaux jours devant elle. D'autant que le patron de la SARFT (Administration d'Etat pour la radio, le cinéma et la télévision) venait de déclarer, dans une autre affaire, qu'il ne punissait jamais les actrices pour les films dans lesquels elles avaient tourné, même quand ceux-ci étaient bannis.
Libération
Tang Wei, l’héroïne du thriller érotique «Lust, Caution», victime des censeurs chinois (par Pascale Nivelle)
Pas de moralité, pas de pub. L’actrice Tang Wei, 28 ans, héroïne de Lust, Caution, le film érotico-historique du Taïwanais Ang Lee, est sur la liste noire de la censure chinoise.
Un fax «urgent» envoyé la semaine dernière dans les rédactions par la Sarft (Administration d’Etat pour la radio, les films et la télévision) a ordonné de supprimer toute apparition de la jeune femme.
Il est interdit de mentionner son nom, les spots de publicité qu’elle a tournés pour la firme de cosmétiques Pond’s doivent être annulés, comme sa participation à tous les festivals et cérémonies.
Aucune explication n’est donnée par la Sarft, si ce n’est le cadre général d’une nouvelle réglementation qui doit expurger les médias des «contenus sexuels vulgaires» et des sujets qui «déforment la culture et l’histoire chinoise». Le film Lust, Caution, qui a échappé à la censure mais pas à une amputation sévère des scènes érotiques sur les écrans chinois, entre dans ce cadre.
Tang Wei, un ancien mannequin qui fut sélectionnée pour le concours de Miss Univers, y a joué son premier rôle au cinéma. Elle incarne une étudiante chargée de séduire un collabo pendant la guerre sino-japonaise. Mais elle finit par succomber au charme brutal de sa proie, jouée par Tony Leung.
Je vais revenir sur la censure chinoise au cinéma dans peu de temps...
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Le Monde
L'actrice Tang Wei privée d'écran chinois (par Brice Pedroletti)
Dans une "circulaire" inte
La note explique que les télévisions doivent cesser de diffuser la publicité pour une crème hydratante américaine dans laquelle apparaît Tang Wei et tenter de résilier le contrat. Destinée à l'ensemble des médias et diffuseurs, la circulaire, est-il précisé, "ne doit pas être disséminée en public" mais "transmise par téléphone", afin qu'elle ne prête pas à des "spéculations".
Sa mise en ligne sauvage a révélé au grand jour une pratique de la "liste noire" qui a cours depuis longtemps dans le cinéma chinois - mais qui touche rarement les comédiens.
Le réalisateur Lou Ye fut ainsi interdit de tournage pour cinq ans en 2006 en raison de son film Une jeunesse chinoise, présenté à Cannes sans autorisation.
Bizarrement, Lust, Caution fut en revanche autorisé en Chine, après avoir été amputé de sept minutes des scènes d'amour les plus explicites par le réalisateur. Tang Wei y joue le rôle d'une résistante dont la mission est de séduire un collaborateur du gouvernement d'occupation japonais à Shanghaï en 1942. Impliquée dans une relation intime et érotique avec sa proie, la jeune fille fera échouer au dernier moment l'assassinat.
Des Débats passionnés
Dans un mail à Associated Press, Ang Lee, qui vit aux Etats-Unis, a déclaré qu'il fera tout ce qu'il peut pour soutenir son actrice. "Elle a réalisé l'une des plus belles performances qui soient dans un film qui a été correctement produit et distribué", a-t-il dit. Cofinancé en Chine par le géant public China Film Group, Lust, Caution fut l'un des grands succès de l'année. Mais il provoqua aussi des débats passionnés, le public chinois étant peu préparé à l'ambiguïté des personnages et à une fin où le "traître" gagne la partie - au point de crisper les autorités en haut lieu et d'entraîner des sanctions sur d'autres films ou projets.
Publiée dans des journaux et sites d'information sur Internet, la nouvelle du bannissement de Tang Wei suscite des réactions variées sur les forums, qui ont toutefois reçu la consigne de nettoyer les commentaires liés à l'affaire. "La Chine est un Etat de droit. Quelle loi permet donc d'interdire une actrice ?", s'interroge un internaute. "Pourquoi le film n'a-t-il pas été interdit plus tôt ? réagit un autre. Pourquoi à ce compte-là, ne pas aussi interdire le réalisateur et Tony Leung", l'acteur hongkongais qui joue le collaborateur ? Ang Lee, qui fait partie des consultants artistiques de la cérémonie des Jeux olympiques de Pékin, n'est visiblement plus en odeur de sainteté.
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Rue89
Tang Wei, une actrice chinoise punie pour un rôle de "traîtresse" (par Pierre Haski)
Tang Wei est une des jeunes actrices qui montent dans le cinéma chinois depuis son premier rôle fracassant dans "Lust Caution" d'Ang Lee, auréolé du Lion d'or à Venise l'an dernier. Mais elle vient d'être abattue en plein vol par les autorités chinoises justement pour avoir accepté ce rôle.
Le couperet est tombé à la faveur d'une pub anodine pour une crème de beauté, interdite de diffusion à la télévision, et retirée par la cyberpolice de tous les sites internet chinois qui l'avaient relayée (voir ici l'écran vidéo de Youku, un YouTube chinois, après le retrait la pub).
Dans "Lust Caution", Tang Wei joue le rôle d'une jeune Chinoise, membre d'un groupe de résistants amateurs à l'occupation japonaise de la Chine, qui reçoit pour mission de séduire un "collabo" des Japonais pour mieux l'assassiner. Mais à la dernière minute, elle cède à la passion et sauve le "traître".
Le film avait déjà subi un pr
D'autant que le réalisateur, Ang Lee ("Tigres et Dragons", "Brokeback Mountain") est Taiwanais, même s'il a tourné son film dans les studios d'Etat de Shanghaï, avec tous les soutiens et feux verts officiels nécessaires.
Résultat: Ang Lee a été blacklisté dans les médias chinois, qui n'ont même plus le droit de mentionner son nom. Tandis que Tang Wei vient de découvrir qu'elle en subit elle aussi les conséquences avec cette pub bannie, alors qu'elle avait été annoncée par la marque chinoise à grand renfort de publicité, y compris un article sur le site de Xinhua, l'agence officielle chinoise.
Cette affaire montre que malgré une tentative d'assouplissement ces dernières années, la censure cinématographique chinoise a encore de beaux jours devant elle. D'autant que le patron de la SARFT (Administration d'Etat pour la radio, le cinéma et la télévision) venait de déclarer, dans une autre affaire, qu'il ne punissait jamais les actrices pour les films dans lesquels elles avaient tourné, même quand ceux-ci étaient bannis.
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Libération
Tang Wei, l’héroïne du thriller érotique «Lust, Caution», victime des censeurs chinois (par Pascale Nivelle)
Pas de moralité, pas de pub. L’actrice Tang Wei, 28 ans, héroïne de Lust, Caution, le film érotico-historique du Taïwanais Ang Lee, est sur la liste noire de la censure chinoise.
Il est interdit de mentionner son nom, les spots de publicité qu’elle a tournés pour la firme de cosmétiques Pond’s doivent être annulés, comme sa participation à tous les festivals et cérémonies.
Aucune explication n’est donnée par la Sarft, si ce n’est le cadre général d’une nouvelle réglementation qui doit expurger les médias des «contenus sexuels vulgaires» et des sujets qui «déforment la culture et l’histoire chinoise». Le film Lust, Caution, qui a échappé à la censure mais pas à une amputation sévère des scènes érotiques sur les écrans chinois, entre dans ce cadre.
Tang Wei, un ancien mannequin qui fut sélectionnée pour le concours de Miss Univers, y a joué son premier rôle au cinéma. Elle incarne une étudiante chargée de séduire un collabo pendant la guerre sino-japonaise. Mais elle finit par succomber au charme brutal de sa proie, jouée par Tony Leung.








A ce sujet (ou presque), avant hier Twitch publiait une liste des éléments interdits et censurés dans les films.
RépondreSupprimer(une info reprise de MonkeyPeaches.com, mais je suis bien incapable de trouver un lien permanent vers leur article)(qui de toute façon ne donne pas plus d'info)(source anonyme, forcément, peu vérifiable, forcément)
oui j'ai déjà ces informations depuis plus d'une semaine, je vais également les publier.
RépondreSupprimerLes sources sont notamment celles du SARFT et elles sont tout à fait pertinentes (l'information a d'ailleurs été reprise depuis par toutes les gros sites d'information chinois tel 163.com, sohu, etc...)
A très bientôt