mardi 29 mai 2007

Realisateur : Wong Kar-wai

Wong Kar-wai, une passion nommée désir

Wong Kar-wai est un illuminé, un astre, un système solaire à lui seul. Son espace cinématographique n’est pas le notre mais à chacune de ses œuvres, le réalisateur nous offre une amorce de son univers.
Aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands cinéastes contemporains, et récemment président du festival de Cannes 2006, Wong Kar-wai nous passionne.
Son travail sur ses personnages, son expérimentation de l’image et sa fragmentation du temps sont les ingrédients miracles du mystérieux réalisateur…

En une poignée de films seulement, il s’est imposé à tous comme l’un des nouveaux prophètes du cinéma. Alors suivons le guide…


Une jeunesse éthérée

Né en 1958 à Shanghai, Wong Kar-wai s’installe à Hong Kong en 1964 accompagné de ses parents. Ces années difficiles en Chine donne l’occasion à de nombreuses familles chinoises de partir pour la concession britannique.
Le petit Wong Kar-wai s’acclimate difficilement à sa nouvelle ville même si une forte communauté shanghaïenne, avec des particularités culturelles comme le mandarin (alors que Hong Kong parle le cantonais) y est solidement ancrée.
Sa mère, passionnée de cinéma, l’emmène dans les salles obscures pour y admirer les film japonais d’Ozu et de Kurosawa ainsi que les bons vieux western de John Wayne.
Dans son quartier de Tsim-sha-tsui, non loin de Chungking Mansions, le futur cinéaste vit en décalage la révolution culturelle de 1966 avec la fermeture des frontières de la Chine et l’isolement de Hong Kong, sous l’angoisse d’un rattachement de force par la puissance communiste.

Ses années sauvages

Afin de mieux s’intégrer à la société hongkongaise, Wong Kar-wai apprend la langue cantonaise. Mais tel un esprit farouche, il oubli un peu vite l’école, se rebelle et s’amuse le plus clair de son temps à voler des voitures et à faire avec quelques ballades entre amis.
Son entrée au lycée où il étudie l’art plastique et graphique devient le vecteur et l’emprunte principale de son futur talent.
Il se prend de passion pour la photographie jusqu'à flâner pendant les heures de cours préférant user ses quelques bouts de pellicules.
Son attachement au travail d’Henri Cartier-Bresson et quelques autres grands photographes du vingtième siècle lui donne déjà l’envie d’expérimenter l’image et d’en faire un véritable langage.
Agé de 19 ans, le photographe amateur qu’est devenu Wong Kar-wai laisse ses objectifs de côté pour en approcher d’autres : ceux de la chaîne TVB où il devient assistant directeur pour de petites séries. Mais derrière cela, d’autres perspectives le motive et le pousse à se lancer dans le monde du cinéma…

Qui sème le talent récolte le génie

Son poste d’assistant directeur n’est plus en mesure de satisfaire sa fougueuse passion. Il entreprend alors l’écriture de scénarii, tout d’abord pour des productions sans envergures tel que des soft-porn, du kung fu de bas étage et même du soap-opéra. Heureusement en 1981, il s’attaque à l’écriture des épisodes d’une série très populaire Don’t Look Know . En 1982, âgé de 24 ans, il quitte la TVB pour se lancer comme scénariste en freelance.
Il conçoit alors près d’une cinquantaine de scénarii mais n’est crédité que sur une dizaine dont les plus connus sont Once Upon a Rainbow (1982), Chase of Fortune (1985) et Final Victory (1987) de Patrick Tam, devenu un ami par la suite.

L'odyssée Wong Kar-wai

Après ses nombreuses expériences passées avec du papier et un stylo, Wong Kar-wai décide de prendre les commandes d’un tournage et réalise son premier film : As Tear Go By (1988). Evoquant la vie d’Ah Wah et Fly au service de gangs locaux dans un quartier pauvre de Hong Kong, Wong Kar-wai y laisse déjà sa griffe même si le film est violent. On peut déjà noter la présence de grandes stars actuelles comme Andy Lau et Maggie Cheung.
Le cinéaste ne se repose pas car le succès n’est pas au rendez vous et continue alors avec ce qui va être le début d’une trilogie, à savoir Nos Années Sauvages (1990). L’aventure humaine se déroule dans les années 60, où des histoires d'amour s’enchaînent et se déchaînent entre un jeune homme à la plastique superbe, un ami, une caissière employée dans un stade, une chanteuse de cabaret et un policier.
Wong Kar-wai met cette fois ci l’accent sur ses personnages et montre déjà sa maîtrise de l’image et de l’analyse sentimentale. Même si le film est imparfait par faute de moyens financiers, le réalisateur dévoile déjà une grande partie de son univers romantique et mélancolique sensiblement différent de la violence de son premier long métrage.

Malheureusement le film ne séduit pas un large public et le cinéaste aura du mal à s’en remettre, notamment auprès de ses financeurs.
Mais il tient bon la barre et accouche en 1994 de deux œuvres emblématiques.
La première est un essai totalement différent de ses autres œuvres urbaines, il s’agit de Les Centres du Temps (1994). Véritable Wu Xia Pian à caractère sentimental, le cinéaste en profite pour éblouir son monde de ses larges compétences dans des domaines cinématographiques encore inexploités de sa jeune carrière de réalisateur. C’est une franche réussite dans les salles obscures et offre à Wong Kar-wai le soutien qu’il méritait.

Chungking Express sa deuxième pépite devient LE film culte d’une génération et d’une décennie comme l’avait été Pulp Fiction. Quatre vie se mêle dans une même ville: une mystérieuse tueuse aux lunettes noires et à la chevelure dorée, un policier qui attend sa petite amie, et une petite employée de fast-food s’amourachant d’un autre policier. Les prestations de Tony Leung en policier, de Brigitte Lin en tueuse, de Takeshi Kaneshiro et de Faye Wong en employée de fast-food marquent à tout jamais l’esprit des cinéphiles tout comme l’urbanisme sauvage de Hong Kong. Entre chaos et sentiment, Wong Kar Wai épouse le 7eme art.

Une année plus tard, le cinéaste continue son expédition dans les rues sombres de Hong Kong avec Les Anges Déchus (1995). On y découvre la vie d’un tueur et de celle qui lui trouve ses contrats. La femme est attiré par le tueur, mais lui s’attache à d’autres femmes. Entre jalousie, furie, et romantisme, Wong Kar-wai servit par Takeshi Kaneshiro, Karen Mok et Leon Lai s’enfonce dans les sentiments et le psychologique, le tout nuancé des superbes lumières électriques de Hong Kong prise au grand angle.
1997, soit deux ans de plus au compteur, le réalisateur devenu un créateur de mode cinématographique à Hong Kong touche un sujet sensible, celui de l’homosexualité entre deux hommes, Tony Leung et Leslie Cheung dans Happy Together. Direction alors Buenos Aires en Argentine, pour un film intimiste, beau et sensible, œuvre essentielle dans une filmographie déjà bien étoffée. Onnotera avec cela les somptueuses musiques de Astor Piazzolla et de Caetano Veloso qui ajoute un charme singulier au film.

Wong Kar-wai arrive là dans un rythme de croisière avec tous les deux, voir trois ans une nouvelle fournée cinématographique. A la suite de Nos Année Sauvages, le réalisateur s’était promis d’en faire une suite. Ce sera In The Mood For Love, son plus grand succès à ce jour récompensé à Cannes par le Prix de l’interprétation masculine. Tony Leung et Maggie Cheung sont victimes de leurs concubins amants. Peu à peu ils se découvrent et tombent eux aussi amoureux. Ce chef d’œuvre plonge le cinéphile dans le Hong Kong des années 60 et Wong Kar-wai n’hésite pas à tout mettre en œuvre pour être des plus réalistes. Son travail sur ce film est incroyable. De l’image à la musique, des personnages à l’histoire, des costumes aux restaurants, tout le Hong Kong de l’époque est fidèlement représenté. C’est LE film de sa carrière.

En 2004, après de nombreux essais ratés et de petites escapades dans les courts métrages (la Main avec la brillante Gong Li pour le projet d’Antonioni Eros) et les clips vidéos , Wong Kar-wai revient avec le dernier chapitre de sa trilogie : 2046. Œuvre entre passé et futur, entre souvenirs et fictions, l’écrivain se rappelle de ses conquêtes féminines et partageses sentiments sur chacune d’elle. Sœur jumelle d’In The Mood For Love, cette œuvre possède pourtant son caractère propre et se veut plus sensuelle, charnelle et érotique. Cannes en fera sa critique (notamment dans sa logistique), le public en fera ses éloges.
2006 et 2007 marque le retour de l’enfant terrible dont certains projets comme Lady of Shanghai avec Nicole Kidman ont été entravé par les différents acteurs du film (tout comme l’avait été son projet Summer in Beijing), pour en arriver à Blueberry Nights avec la sublime Norah Jones qui parcoure les Etats-Unis et découvrira dans son aventure la véritable identité de l’Amour… Cette escapade aux Etats-Unis marquerait elle une nouvelle phase de son odyssée ?

La Planète Wong Kar-wai

1) L'image

Que serait Wong Kar-wai sans Christopher Doyle ? Ce dernier, chef opérateur du cinéaste chinois est le vieux compagnon et l’éminence grise de la photographie et de l’imagerie de Wong Kar-wai.
Si un seul talent, un seul travail devait être reconnu à ces deux acolytes, c’est bien celui là.
Tels des artisans, ils expérimentent l’image et la façonne comme si celle-ci était malléable, prenant l’ascendant sur la narration et sur les personnages. Ce don graphique est corroboré par chaque nouvelle œuvre du cinéaste. Avec 2046, dernier long métrage en date avec Christopher Doyle, le futur est étrangement mêlé aux images du passé et forment un train voyageant d’une époque à une autre. Pour In The Mood For Love, c’est la lumière et les couleurs qui attestent sans équivoque du talent de l’artiste cinématographe. Même à l’époque dans ces anciennes œuvres comme Chungking Express ou As Tear Go By, l’image laissait déjà transparaître l’idée de rêve, d’urbanisme et de beauté.
Aujourd’hui tous les plus grands noms du cinéma recherchent un résultat similaire mais seul quelques uns comme le taiwanais Hou Hsiao-hsien, le japonais Shunji Iwai ou l’américain Tim Burton sont capables de l’égaler dans sa maîtrise…

2) La musique

Wong Kar-wai possède aussi une oreille magique : il arrive à transposer une musique cohérente sur ses images et ses personnages tout en véhiculant des sentiments précieux.
Chez beaucoup de cinéaste la musique put pallier à un certain déficit d’idées, mais pas chez lui, elle enrichit ses films.
Pour ses premières œuvres, les musiques étaient bien plus intimistes, empreinte de fumée onirique tel que First Killing and Second Killing, un titre reggae et trip hop à l’envolée spirituelle.
Mais ce n’est rien face au véritable travail de fond et de forme élaboré pour In The Mood For Love.
Grâce au compositeur de talent Shigeru Umebayashi, chaque thématique du film est accompagnée par de magnifiques nappes empreintes de tristesse, de mélancolie, de plaisir et de romantisme.
Wong Kar-wai s’amuse même à nous sortir ses vieux vinyles de Nat King Cole et Dean Martin qui nous transporte dans le véritable Hong Kong des années 60.
Entre temps il lui arrive même de sensibiliser son auditoire cinéphile avec des artistes incroyables comme le cubain Silvio Rodriguez dans son court métrage The Follow pour la marque BMW.
Et pour ne pas perdre ce contact musical, Wong Kar Wai a même réalisé le clip vidéo Six Days de Dj Shadow démontrant une fois de plus sa capacité à transposer l’image et la musique.

3) Le temps

Le temps est une valeur clé du monde romantique de Wong Kar-wai. Sa fragmentation et sa dilatation imposés par son créateur, est certainement le deuxième élément immédiatement identifiable dans la filmographie du réalisateur.
La déperdition des personnages dans l’espace temps, dans un lieu sans repères et l’étirement des secondes plongent ses long métrages dans l’instant et l’interminable…
Ici aussi, peu de réalisateurs maîtrisent le temps pour en faire des instants magiques. On peut citer à nouveau Hou Hsiao-hsien et le vietnamien Tran Anh Hung, eux aussi à pointe de ce travail cinématographique.
Si l’on en vient à sa source, on découvre que Wong Kar-wai s’est fortement inspiré des grands cinéastes japonais comme Ozu et Kurosawa, de français comme Bresson, enfin de quelques metteurs en scènes atypiques comme l’italien Bertolucci.
Cependant Ozu est certainement celui qui l’a le plus inspiré dans cette interprétation du temps jusqu’à en en faire des décors immobiles et fascinant. Wong Kar-wai n’est donc pas un réalisateur de la vitesse, mais bien plus du mouvement.

4) Les personnages

Wong Kar-wai aime ses personnages. C’est pour lui l’élément prépondérant d’un scénario bien avant l’histoire en elle-même. Les personnages façonnent donc le déroulement du long métrage et non son contraire. C’est un procédé original et propre à une certaine classe de cinéaste contemporain. Il se passionne pour l’écriture comportementale et psychologique de ses personnages et n’hésite pas à reprendre toujours les mêmes acteurs, pour des rôles presque identiques pour y voir mûrir ses personnages comme ses acteurs. Loin d’être un marionnettiste ou un maître de poupée, Wong Kar-wai n’a pas la main mise sur ses acteurs. Il les laisse évoluer selon leurs caractères, dans la peau de leurs personnages. La quête identitaire se fait par l’acteur lui-même. Le réalisateur laisse le cours des évènements modifier ses idées de départ et corrige son scénario à chaque prise.
C’est une technique très rare car il est difficile aujourd’hui pour un cinéaste d’aller vers une maison de production sans un scénario en acier trempé avec des personnages précis et travaillé pour un certain public. Avec Wong Kar-wai et comme le chantait Cocciante c’est une question de feeling.

5) Hong Kong

Wong Kar-wai sans Hong Kong ? Impossible à imaginer. Depuis 1995, dernière fois où le réalisateur a filmé la ville au présent (avec Les Anges Déchus), il semble s’être fasciné aujourd’hui par son caractère dans les années 60, bien qu’il ne perd pas de vue le futur de la ville dans 2046 avec ses trains et ses buildings lumineux.
De nombreux lieux identifiables comme Mongkok (As Tear Go By), Tsim-sha-tsui (Chungking Express) ou Wanchai (Les Anges Déchus) lui rappellent quelques souvenirs perdus.
A la manière d’un puzzle, quartier par quartier, Wong Kar Wai reconstruit Hong Kong. Mais sa rétrocession en 1997 a fortement changé la donne cinématographique. L’incertitude y est plus forte, la perte des repères palpables, et l’amour s’y transforme avec inquiétude.
On se souvient tous de Brigitte Lin dans Chungking Express mais encore de ce restaurant rapide devenant un lieu d’intimité tout comme on se souvient aussi de Maggie Cheung et Tony Leung se retrouvant dans les chambres 2046 et 2047 d’un vieil hôtel. Ces fragments de Hong Kong où s’entremêlent les personnages singuliers de l’univers du maître reflète à chaque instant l’âme et l’esprit de cette jungle urbaine que constitue Hong Kong, aujourd’hui sous l’égide chinoise.

Les Acteurs de Wong kar-wai

Tony Leung Chiu-wai

Qui ne connaît pas aujourd’hui Tony Leung ? Génial acteur récemment vu dans Infernal Affair, 2046 et In The Mood for Love, il est devenu son interprète masculin de prédilection.
Le réalisateur aime sa façon de s’approprier les rôles. Sans aucune prédisposition de départ, Tony Leung Chiu Wai est créatif et s’adapte au comportement de son personnage, sentiments après sentiments.
Au départ la méthode de travail de Wong Kar-wai lui était étrangère car il lui fallait de nombreuses prises pour un même plan. Mais après quelques discussions, Tony Leung compris ce que le cinéaste cherchait en lui. Tel un vampire, Wong Kar-wai, s’est nourrit de l’expérience, des idées et des mouvements de son acteur.

Faye Wong

Bien plus connue en Asie pour sa merveilleuse voix que pour ses talents d’actrices, Faye Wong possède selon Wong Kar-wai « le plus beau corps et les plus beaux mouvements » saisis par sa caméra. Fidèle parmi les fidèles, Faye Wong n’était plus apparue depuis Chungking Express. Heureusement avec 2046, elle interprète un rôle à nouveau important dans sa filmographie. Fille du patron et amoureuse d’un japonais (mal perçu en Chine et Hong Kong), en plein apprentissage de la langue et androïde dans le futur fictif de l’œuvre, elle donne à 2046 tout son éclat et sa profondeur.
Son regard, sa démarche, son mutisme, son sourire, son naturel, donnent à l’univers du réalisateur une simplicité et une candeur essentielle.

Carnina Lau

C’est certainement, avec le passage furtif mais inoubliable de Brigitte Lin, l’actrice la plus aimée des cinéphiles et des spécialistes de la planète Wong Kar-wai. Présente dans Nos Années Sauvages, Les Cendres du Temps et 2046, son ombre est omniprésente dans le triptyque engendré par le réalisateur (à savoir, Nos Années Sauvages – In The Mood For Love – 2046).
Comme Tony Leung, elle est celle qui représente avec le plus de justesse l’univers perméable et sans fins du cinéaste.
Son visage grave, sensuel etcharnel évoque avec un certain classicisme toute la part de féminité réservée aux œuvres de Wong Kar-wai.
Après le scandale qui l’a frappé (des photos prisent lors de son agression sexuelle et diffusé dans les médias), Carina Lau tient une place toute particulière dans le cœur des cinéphiles.

Maggie Cheung

Elle incarne toute la part de romantisme de la filmographie de Wong Kar-wai. Ambassadrice de l’amour et des sentiments son langage du cœur et du corps sont les clés de voûte d’In The Mood For Love.
Dans la peau de Su Li-zhen, seul véritable amour de Chow Mo-wan (Tony Leung), elle est tel un fantôme planant sur 2046.
Elle dégage ainsi un sentiment qui n’avait pas encore été abordé par les autres actrices : l’amour, le vrai.
Pour le spectateur français, elle est à l’image même de l’univers de Wong Kar-wai : romantique, sensuel, féminin, intemporel, en un mot : superbe.

Gong Li

C’est aujourd’hui l’actrice avec laquelle Wong Kar-wai a peut être le plus envie de tourner.
Deux géants du cinéma asiatique se sont rencontrés : un réalisateur exceptionnel pour une actrice exceptionnelle.
Présente dans l’une des parties du film Eros intitulé « La Main », Wong Kar Wai a immédiatement apprécié les qualités d’actrice de Gong li et lui a proposé alors un personnage à sa mesure dans 2046.
Elle y interprète une autre Su Li-zhen, en plein Singapour, une femme gantée de noir, un coeur froid au sang chaud, une veuve noire, un double de l’ancienne Su Li-zhen interprété par Maggie Cheung. Glaciale dans son interprétation, sombre dans ses sentiments, elle est le miroir de Chow Mo-wan : un esprit torturé aux actes manqués.

Et les autres...

On ne pourrait oublier Brigitte Lin et sa formidable interprétation à la perruque dorée, Andy Lau, Takeshi Kaneshiro comme policier tout comme muet somnambule, l’impétueuse et sexuelle Zhang Ziyi, la fantaisiste Karen Mok, Leslie Cheung dans Nos Années Sauvages et Happy Together, Leon Lai, Jackie Cheung et les autres talents d’exceptions qui ont su marquer le monde de Wong Kar-wai par leurs interprétations. Hommages à eux, hommage à tous ceux qui appartiennent désormais à la légende du réalisateur.

Wong Kar-wai est ainsi devenu grand, très grand. C’est à lui aujourd’hui de se réinventer à l’heure où ces dernières œuvres marquent une certaine répétition, une redite loin de ce qu’il a su nous montrer à ses débuts. Capable de tout et surtout du meilleur, chaque film du cinéaste est une attente insupportable. A bientôt Monsieur Wong Kar-wai, que la passion vus porte loin.

Mais le futur est déja loin

Quels sont les projets de Wong Kar-wai ?
Selon les rumeurs, car rien n’a été encore vérifié jusqu'à maintenant, le réalisateur travaillent sur deux longs métrages :
Le premier serait une biographie de Bruce Lee , avec dans le rôle phare Tony Leung Chiu Wai. On imagine encore mal comment Tony Leung Chiu Wai, au physique quelque peu ordinaire arrivera à se transformer en un Bruce Lee au corps fin mais musclé. Ce projet est pour l’instant au stade de l’écriture et rien n’est encore annoncé à son sujet.
Le deuxième film a déjà bien avancé puisque toutes les idée sont déjà sur papier : il s’agit de The Lady of Shanghai, un long métrage se déroulant à Shanghai dans les années 30 avec la participation de l’une des meilleures actrices internationales, Nicole Kidman et pour lui donner la réplique, Takeshi Kitano, le réalisateur acteur japonais.


Filmographie

1988 - As tear goes by
1990 - Nos années sauvage
1994 - Les cendres du temps
1994 - Chungking express
1996 - Les anges déchus
1997 - Happy Together
2000 - In the mood for love
2004 - La main (moyen métrage)
2004 - 2046
2007 - My blueberry nights

Damien Paccellieri

1 commentaire:

  1. Bonjour !!D'après les nouvelles, Tony Leung incarnerait plutot le professeur de Bruce Lee.
    Est-ce que quelqu'un connaitrait un moyen de contacter Mr Wong Kar Wai, à tout hasard ???
    Merci pour ce magnifique site !

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