Sun Yu fut le premier Chinois à être diplômé de l'école de cinéma de New York à la fois en technique cinématographique et en réalisation après avoir suivi des études littéraires à Tianjin puis à l'université Qinghua de Pékin, et le premier à suivre une formation d'art dramatique à l'université Columbia. Né en 1900 à Chongqing, il fut aussi le premier en Chine à mettre au point une caméra montée sur grue et, malheureusement pour lui, il fut encore le premier, après l'avènement du régime communiste, à subir une critique injuste et de grande envergure pour son film La Vie de Wu Xun .
De 1928 à 1950, Sun Yu réalisa dix huit films, notamment Le Petit jouet, La Route, La Vie de Wu Xun, mais de 1950 à 1990 il ne réalisa que quatre films, dont une comédie Le vent en poupe. Sun Yu était imprégné par la culture chinoise traditionnelle dont il a contribué à transmettre les valeurs, tout en étant ouvert aux idées occidentales de démocratie, de liberté et d'humanisme. Il était influencé à la fois par le romantisme révolutionnaire de Gorki, et par la conception artistique de la poésie chinoise classique, par le réalisme de son temps et les idéaux du romantisme. C'est la rencontre de tous ces éléments qui donne aux films du cinéaste toutes leurs saveurs.
Sun Yu aimait se servir d'accessoires et de petits objets pour suggérer les situations et le caractère de ses personnages. Par exemple, dans Le Petit Jouet, les avions, les canons et les tanks en bois évoquent les canons, les tanks et les avions japonais qui au même moment bombardaient la Chine. Par ces quelques images sobres et précises, Sun Yu révèlent les méfaits du militarisme japonais. De même à la fin de La Vie de Wu Xun, le jouet d'argile qui se redresse toujours symbolise l'inébranlable détermination de Wu Xun à construire des écoles.
Dans Rêve de Printemps dans l'ancienne capitale, le héros devenu fonctionnaire revient de la ville dans son village natal. Sa femme toute heureuse de le retrouver lui présente la pipe de terre qu'il aimait tant, mais il sort une cigarette. Sa femme se précipite alors avec une allumette mais il tire de sa poche un briquet dernier cri et allume sa cigarette. Dans cette scène muette, tourné en un seul plan, Sun Yu a magistralement exprimé l'état d'esprit du héros à l'égard de son village après sa promotion, et l'altération de ses sentiments envers son épouse.
Dans La Route, le cinéphile voit une bande de jeunes ouvriers pleins de vigueur surpris par les deux héroïnes au moment où ils se baignent nus dans l'eau claire d'un torrent. L'une d'elles se tord de rire en les montrant du doigt, l'autre détourne la tête, gênée. Ici, Sun Yu célèbre la beauté sculpturale des jeunes corps masculins, et souligne la différence de caractère entre les deux jeunes filles, l'une audacieuse et exubérante, et l'autre timide et réservée. A l'époque, cette scène a fait l'admiration de plusieurs critiques occidentaux.
Sun Yu excelle à utiliser l'image comme un langage, en faisant au maximum l'économie de dialogues. Dans L'Aube, il monte en parallèle 4 plans des ouvrières sortant de l'usine et 4 plans de déversement des ordures de la ville. A l'ouverture des portes de l'usine, un flot d'ouvrières se répand au dehors, avec le mouvement des ordures que l'on déverse. Ces quelques images sobres et puissantes suggèrent le misérable destin des ouvriers chinois de l'époque. Autres plans inoubliables, toujours dans le même film, celui des lumières scintillantes de la ville, juxtaposées avec un plan des filles aux rictus fatigués faisant le trottoir sur un quai glacial.
Sun Yu excelle à utiliser l'image comme un langage, en faisant au maximum l'économie de dialogues. Dans L'Aube, il monte en parallèle 4 plans des ouvrières sortant de l'usine et 4 plans de déversement des ordures de la ville. A l'ouverture des portes de l'usine, un flot d'ouvrières se répand au dehors, avec le mouvement des ordures que l'on déverse. Ces quelques images sobres et puissantes suggèrent le misérable destin des ouvriers chinois de l'époque. Autres plans inoubliables, toujours dans le même film, celui des lumières scintillantes de la ville, juxtaposées avec un plan des filles aux rictus fatigués faisant le trottoir sur un quai glacial.
Le cinéaste adorait travailler avec des acteurs jeunes et sans expériences préalables, dont il faisait, souvent du jour au lendemain, des stars. Ainsi l'acteur Jin Yan, qui devint « Le dieu de l'écran », et l'actrice Ruan Lingyu, dont il fit la star la plus adulée du moment. Sun Yu découvrit aussi l'acteur Li Wei et l'actrice Chen Yanyan alors qu'ils n'avaient que 16 ans, l'actrice Li Lili âgée seulement de 17 ans, comme l'actrice Wang Pei et d'autres encore.
Au cours des vingt dernières années, plusieurs pays dont la France , l'Italie, les Etats-Unis, le Japon, ont consacré des rétrospectives à l'œuvre de Sun Yu.
Sun Yu a consacré toute son existence à son art, et jusqu'à sa mort en 1990, il a vécu pour son idéal.
Filmographie
1928 - Le Parti de l’araignée
1929 - Le Chevalier errant romantique
1930 - Le Chevalier errant pêcheur
1930 - Rêve de printemps dans l’ancienne capitale
1930 - Herbes folles et fleurs sauvages
1931 - L’esprit de la liberté
1932 - Du sang sur le volcan
1932 - La Rose sauvage
1932 - Aller ensemble à la guerre (réalisé en collaboration avec les réalisateurs Cai Chusheng, Shi Dongshan et Wang Cilong)
1933 - L’Aube
1933 - Le Petit jouet
1934 - La Reine du sport
1934 - La Route
1936 - Retour à la nature
1937 - Rhapsodie d’un fou (court métrage dans La Symphonie de la Lianhua)
1937 - Le Printemps parmi les hommes
1940 - Le Ciel immense
1940 - Le Baptême du feu
1950 - La Vie de Wu Xun
1957 - Le Vent en poupe
1958 - La Légende de Lu Ban
1960 - Qin Niangmei
Sun Dongguang








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